Racine de moins un
Une série d'émission de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle réalisée par Bertrand Louart.
Toutes les émissions de cette catégorie :
Racine de moins un - Écologie
(RMU n°87 - 62 mn) Fondé sur une analyse radicale de l’exploitation systémique des femmes, des peuples colonisés et de la nature, l’écoféminisme consiste à faire de la politique autrement, en repartant de la vie quotidienne: lutter contre les oppressions par l’élaboration d’autres modes de vie, plus justes et écologiques, ainsi que par des mobilisations collectives et le recours à l’action directe. Resituant les inégalités – sociales, politiques, économiques – au cœur des réflexions écologiques, les analyses écoféministes sont parmi les plus complexes et englobantes – plus en réalité que celles de l’écologie, même politique, qui néglige trop certaines dimensions de la crise environnementale et tend de ce fait à préconiser des solutions (autoritaires, technologiques, industrielles) qui risquent d’aggraver les impasses actuelles.
Une tendance singulière et importante de l’écoféminisme est la perspective de la subsistance. Travail de (re-)production de la vie, domaine des tâches quotidiennes, invisibles, réalisés majoritairement par des femmes, la subsistance a pourtant été ignorée voire méprisée dans le féminisme comme dans l’écologie, et n’a que momentanément été remise au centre de l’attention par la crise sanitaire. La catastrophe écologique exige pourtant de repenser complètement nos manières de vivre et de travailler. Alors que notre dépendance au travail d’autrui et au système industriel s’accompagne d’une augmentation massive des inégalités et des atteintes au vivant, et alors que se multiplient les « solutions » basées sur un contrôle accru des humains et de la nature par la technologie ou par la gouvernance, la perspective de la subsistance pose un regard profondément critique sur cet état du monde.
Les deux intervenantes invitées pour cette séance, Veronika Bennholdt-Thomsen et Geneviève Pruvost, sont toutes deux sociologues. Les deux autrices partagent un point de départ très concret – la subsistance : cultiver, manger, se loger, prendre soin des personnes et de l’environnement, entretenir des relations sociales épanouissantes, etc. – ainsi qu’une proposition : repolitiser la production et l’entretien de la vie en articulant écologie, travail et rapports de pouvoir.
Les deux interventions de cette conférence développent cette perspective :
La Politique de la Subsistance, par Veronika Bennholdt-Thomsen, anthropologue sociale, , activiste, co-autrice avec Maria Mies de La Subsistance : une perspective écoféministe (traduit en français et publié par les éditions La Lenteur).
Quotidien politique : Écologie/féminisme par Geneviève Pruvost, sociologue, autrice de Quotidien politique : Féminisme, écologie, subsistance (2022, La Découverte) et de la préface à la réédition de Ecologie/féminisme. Révolution ou mutation ? de Françoise d’Eaubonne (à paraître, éditions du Passager clandestin)
Lien alternatif: La subsistance, une perspective écoféministe.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°86 - 62 mn) Patrick Marcolini, maître de conférence à l'Université de Montpellier, est l’auteur de l’ouvrage Le Mouvement situationniste, une histoire intellectuelle (L’Échappée, 2013).
Pour comprendre le concept de spectacle tel qu’il a été théorisé par l’Internationale situationniste – groupe révolutionnaire actif entre 1957 et 1972 – il est utile de revenir à ses origines, au contexte dans lequel il est apparu. Si dans au théâtre, le spectacle est un rapport de contemplation d’une activité qui se déroule indépendamment du spectateur, il va être analysé par les situationnistes comme le fondement des rapports sociaux dans la société contemporaine : les gens ne vivent pas, ils se contentent de regarder leur propre vie telle qu’elle leur est donnée à contempler. Patrick Marcolini expose de manière synthétique les différentes implications de ce concept développé par son principal théoricien Guy Debord dans son ouvrage La Société du spectacle (1967) pour la critique de la société contemporaine.
Lien alternatif: Le concept de spectacle.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°85 - 62 mn) François Jarrige, historien à l’Université de Bourgogne fait un expose de ses recherches sur la thème « Les animaux sont-ils des travailleurs comme les autres ? ».
Si depuis les débuts de leur domestication les animaux n’ont cessé de travailler au service des humains, les formes et l’ampleur de ce travail ont beaucoup varié selon les époques. En Europe, le nombre de chevaux, de chiens, de bœufs, de mulets utilisés pour tirer et soulever des charges, ou pour transformer des matières, s’est beaucoup accru aux XVIIIe et XIXe siècle avant de décliner sous l’effet de la motorisation et de l’électrification au siècle suivant. Massivement utilisés pour accélérer les transports, ils furent aussi une source majeure de force motrice, souple et flexible, adaptée à de nombreux contextes et situations de travail : dans les mines et les premières usines textiles, dans les plantations coloniales comme dans de nombreux ateliers artisanaux, ils furent attachés à des manèges pour produire de la force, broyer des matières.
Loin de les faire disparaître, l’industrialisation européenne a intensifié leur mise au travail, démultiplié leur présence dans les ateliers, à côté des enfants, des femmes et des ouvriers. Ces « moteurs animés » constituent un chaînon manquant et oublié de l’industrialisation et des transformations sociales du XIXe siècle. Le travail des bêtes s’est transformé parallèlement à celui des hommes, dans une logique de coopération et de rivalité, avant de devenir une source de rejets, de débats, voire de scandales.
Bibliographie
Ann Norton Greene, Horses at Work. Harnessing power in industrial america, Havard University Press, 2008.
Eric Baratay, Bêtes de somme, des animaux au service des hommes, Seuil (livre de poche), 2011.
Daniel Roche, La Culture équestre de l'Occident XVIe-XIXe siècle, tome I, “Le cheval moteur”, Fayard, 2008.
A paraître:
François Jarrige, La Ronde des bêtes - Le moteur animal et la fabrique de la modernité, La Découverte, septembre 2023.
Lien alternatif: Le travail des animaux à l’ère industrielle.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°84 - 63 mn) Mathieu Amiech, membre des éditions La Lenteur et du collectif Écran Total (résister à la gestion et l’informatisation de nos vies), revient sur la gestion de l’épidémie de Covid-19 due a la diffusion du virus SARS-Cov-2 durant les années 2020-2022.
« Le point essentiel que je voulais souligner, c’est que considérer le Covid-19 comme un danger absolu, radicalement nouveau, qui change totalement notre situation personnelle et collective, cela n’est possible que si l’on refoule profondément le caractère pathogène de notre société capitaliste et industrielle. C’est-à-dire que l’on occulte le fait que l’on est déjà, en temps ordinaire, dans une situation où l’on est environné de dangers, de nuisances, qui viennent de beaucoup de nos habitudes de consommation quotidiennes déjà très ancrées. »
Lien alternatif: La gestion sanitaire de la covid-19.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°83 - 60 mn) Aurore Stephant, ingénieure et géologue minier, spécialiste des activités minières et de leurs impacts humains, sanitaires, sociaux et environnementaux, membre de l’Association SystExt (Systèmes extractifs et Environnements), expose les enjeux autour de la "Ruée minière au XXIe siècle : jusqu'où les limites seront-elles repoussées ?".
Le monde fait face à une demande croissante en ressources minérales dans tous les secteurs, en particulier ceux de la construction, du transport, de la défense, de l’approvisionnement en énergie ou encore des technologies de l’information et de la communication. Si la mine a servi toutes les révolutions industrielles, il est désormais attendu qu’elle soit plus que jamais sollicitée pour l’avènement de la Révolution 4.0, celle de la "dématérialisation", des énergies "propres" et des technologies "vertes". Ce modèle de développement repose sur l'intensification de l'industrie minière, qui est l'une des activités les plus prédatrices et dangereuses. Le secteur est ainsi le plus important producteur industriel de déchets solides, liquides et gazeux, ou encore responsable du plus grand nombre de conflits socio-environnementaux. Dans un contexte de diminution des teneurs et de raréfaction des gisements facilement exploitables, il en résulte une augmentation exponentielle de la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que des impacts environnementaux et sociaux. Jusqu'où toutes ces limites seront-elles repoussées pour répondre à une consommation de métaux démesurée ?
Illustration :
Mine de cuivre de Palabora, Afrique du Sud :
À gauche : représentation imagée de la quantité de cuivre métal produite par la mine jusqu’à environ 2007 (© Dillon Marsh - dillonmarsh.com).
À droite : Vue satellitaire de la mine et mise en évidence de l’emprise en surface des déchets miniers (Création SystExt, septembre 2021).
Livre écrit en collaboration avec l'association SystExt : Mauvaises mines.
Lien alternatif : Ruée minière au XXIe siècle.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°82 - 61 mn) Conférence de Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l’environnement et chercheur au CNRS, sur le thème « la transition énergétique : de l’utopie atomique au déni climatique ».
Cette conférence résume deux articles que notre historien a publié ces derniers temps :
Pour une histoire des symbioses énergétiques et matérielles, janvier 2021.
La « transition énergétique », de l’utopie atomique au déni climatique, USA 1945-1980, juin 2022.
Articles réunis en une brochure (60 p., A5) : L'invention de la « transition énergétique ».
Lien alternatif : Les utopies atomiques dans l’invention de la « transition énergétique ».
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°80 - 65 mn) Voiture électrique, 5G, avion à hydrogène, capture du CO2, énergies renouvelables : pour beaucoup, et particulièrement les dirigeants, le progrès technique nous sauvera du péril climatique sans remettre en cause la croissance économique. D’où cette question : le progrès technique est-il une idéologie ?
Pour y répondre, voici un entretien avec François Jarrige, professeur d’histoire à l’Université de Bourgogne, spécialiste de l’industrialisation et auteur notamment de Technocritiques, du refus des machines à la contestation des technosciences, La Découverte, 2016.
Suivi d’une brève présentation de son dernier livre On arrête (parfois) le progrès. Histoire et décroissance, L’Échappée, octobre 2022.
Lien alternatif : L'Idéologie du progrès technique.
Pour en savoir plus : L'Idéologie du progrès technique.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°79 - 62 mn) Dominique Pestre, historien des sciences, donne une conférence intitulée Guerre et science : un pacte indéfectible ?
400 ans d'histoire partagée... Entre la science et la guerre, l'alliance est ancienne. Certes, les sciences font souvent l'objet d'applications pratiques, pour le meilleur ou pour le pire, mais selon une opinion répandue, elles constitueraient des connaissances déconnectées de toute intervention. On peut se demander si cette perception n'est pas infiniment trompeuse. Pour qui regarde les choses telles qu'elles furent historiquement, les sciences apparaissent plutôt comme des systèmes de savoirs et de pratiques visant à maîtriser le monde naturel et humain, visant certes à comprendre la nature, mais aussi, et indissociablement à agir sur elle, à la modifier - et à faire la guerre.
Amy Dahan et Dominique Pestre (dir.).
Les sciences pour la guerre. 1940 - 1960
Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, Paris, 2004.
Lien alternatif : Guerre et science.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°77 - 59 mn) Barbara Stiegler, professeure de philosophie politique à l'université Bordeaux-Montaigne, analyse comment les cabinets de conseil comme McKinsey ou la BVA Nudge Unit, se basant sur les sciences comportementales ont inspiré la gestion de l'épidémie de Covid-19 ces dernières années. Et plus généralement comment l'idéologie des biais cognitifs et des "nudges" constituent des éléments pseudo-scientifiques servant à justifier la forme autoritaire que prend le libéralisme aujourd'hui.
Conférence tenue dans le cadre de la Fabrique du citoyen 2022 le 7 avril 2022, animée par Manon Delobel.
SOMMAIRE DES QUESTIONS :
00:03:26 Qu'entendez-vous par l'idéologie des biais cognitifs ?
00:16:58 Que devient la démocratie face à un discours qui dévalorise les capacités de jugement politique des populations ?
00:22:20 Y a-t-il des bons et des mauvais usages des biais cognitifs ? Que sont les "nudges" ?
00:41:49 Gérald Bronner, la commission "les lumières à l'ère numérique" et réseaux sociaux.
00:51:48 Fin
Lien alternatif: L'idéologie du libéralisme autoritaire.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°78 - 52 mn) Thierry Ribault, chercheur en sciences sociales au CNRS, présente son ouvrage Contre la résilience. À Fukushima et ailleurs, publié aux éditions L’Échappée en 2021 lors de son passage dans les studios de Radio Zinzine le 24 juin 2022.
Funeste chimère promue au rang de technique thérapeutique face aux désastres en cours et à venir, la résilience érige leurs victimes en cogestionnaires de la dévastation. Ses prescripteurs en appellent même à une catastrophe dont les dégâts nourrissent notre aptitude à les dépasser. C’est pourquoi, désormais, dernier obstacle à l’accommodation intégrale, l’« élément humain » encombre. Tout concourt à le transformer en une matière malléable, capable de « rebondir » à chaque embûche, de faire de sa destruction une source de reconstruction et de son malheur l’origine de son bonheur, l’assujettissant ainsi à sa condition de survivant.
Il est coauteur, avec Nadine Ribault, de Les Sanctuaires de l’abîme. Chronique du désastre de Fukushima, éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 2012.
Voir notre recueil d’articles Contre la résilience.
Lien alternatif : Contre la résilience.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°76 - 63 mn) Céline Lafontaine présente son ouvrage Bio-objets, Les nouvelles frontières du vivant, Seuil, mars 2021.
À l’heure où l’on s’inquiète de l’avenir de la biodiversité, de nouvelles formes de vie éclosent chaque jour dans les laboratoires du monde globalisé. À mi-chemin entre le biologique et l’artificiel, les bio-objets (gamètes, embryons, cellules souches) sont les descendants directs des technologies in vitro qui ont permis de cultiver des cellules et des tissus vivants.
Or ces entités biologiques sont, malgré leur omniprésence, des objets insaisissables dont la vitalité brouille de manière concrète le découpage culturel entre sujet et objet, entre nature et artifice, entre humain et non-humain. Dotés d’une très grande plasticité, ils peuvent être congelés, modifiés, transplantés, transportés et échangés. En quoi leur production croissante transforme notre rapport au vivant et à l’identité corporelle ? Quelles implications matérielles, économiques, sociales et culturelles sous-tendent leur prolifération?
À partir d’exemples tirés de la médecine reproductive, du génie génétique et d’une enquête menée auprès de chercheurs en bio-impression, Céline Lafontaine, sociologue à l'université de Montréal (Québec), insistera sur le fait que les produits de la culture in vitro ne sont justement pas des objets comme les autres, du seul fait de leur vitalité biologique.
Lien alternatif : Bio-objets et civilisation in vitro.
Plus d'info sur Bio-objets et civilisation in vitro.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°75 - 57 mn) Quelles sont les alternatives concrètes proposées par l'écoféminisme ? Quelle autre organisation politique de la vie et des rapports à la nature est possible ? Comment le travail de subsistance peut-il devenir un facteur d’émancipation ? La sociologue Geneviève Pruvost, qui a publié Quotidien politique - Féminisme, écologie, subsistance aux éditions de La Découverte en septembre 2021, montre que la fabrique du quotidien peut être un enjeu révolutionnaire.
Lien alternatif : Quotidien politique.
Plus d'info sur Quotidien politique.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°74 - 62 mn) Aurélien Berlan présente son ouvrage Terre et Liberté, la quête d’autonomie contre le fantasme de délivrance, publié aux éditions La Lenteur en novembre 2021. Rencontre organisée par le Café Librairie Michèle Firk à Montreuil le 27 novembre 2021.
Quel est le lien entre l’impasse socio-écologique dans laquelle nous nous enfonçons et la conception moderne de la liberté? Pour quelles raisons la question écologique ne peut-elle être pleinement comprise qu’en lien avec la question sociale, celle de l’exploitation et de la domination des humains? Et quels sont les tenants et aboutissants, philosophiques et politiques, de l’aspiration à l’autonomie (matérielle et politique) qui traverse l’écologie politique et certains mouvements emblématiques de la lutte contre le capitalisme globalisé?
C’est à ces questions qu’Aurélien Berlan tente de répondre dans cet essai limpide. Il y montre que, derrière les conceptions modernes de la liberté, qu'elles soient libérales ou marxistes, se cachait en fait une aspiration à la délivrance qui plonge ses racines loin dans l’histoire de l’humanité, et dont les implications sociales et écologiques sont délétères. Et que ce désir diffus d’être déchargé des nécessités matérielles et sociopolitiques de la vie quotidienne s’est imposé contre une tout autre conception de la liberté, qui renaît de ses cendres aujourd’hui: l'autonomie au sens de la reprise en charge de nos conditions de vie. Si l’on veut préserver à la fois la terre et la liberté, c’est avec cet imaginaire qu’il nous faut renouer.
Bonnes feuilles : Autonomie : l’imaginaire révolutionnaire de la subsistance.
Lien alternatif : Terre et liberté.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°73 - 59 mn) Compter, gérer, exploiter, ainsi va la mégamachine bureaucratique.
Pourquoi résister à l’informatisation du monde ? Comment l’économie règne aujourd’hui sur nos vies ? Pourquoi les écologistes doivent critiquer radicalement la technologie et la société industrielle de masse ? Comment s’en défaire ?
Ce sont les questions que nous sommes allés poser à Matthieu Amiech, une des plumes du groupe Marcuse qui a signé le livre La Liberté dans le coma en 2013 (réédition 2019). Il participe également aux éditions La Lenteur et au groupe Écran total de résistance à l'informatisation et à la gestion de nos vies.
Lien alternatif : Compter, gérer, exploiter.
Plus d'infos sur le blog Sniadecki.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°72 - 75 mn) Deux intervenants font un exposé sur le thème "Déboulonner la Mégamachine" à partir de leurs ouvrages respectifs dans le cadre d'une rencontre organisée par l'Atelier d'écologie politique (Toulouse) en octobre 2021.
D'abord Aurélien Berlan, docteur en philosophie, auteur de Terre et liberté. La quête d’autonomie contre le fantasme de délivrance (La Lenteur, 2021, 220 pages),
Ensuite Fabian Scheidler, philosophe et dramaturge allemand, auteur de La Fin de la Mégamachine. Sur les traces d'une civilisation en voie d'effondrement (traduit de l'allemand par Aurélien Berlan, Seuil, 2020, 620 pages).
Nous ressentons toutes et tous un sentiment d’impuissance face à la « mégamachine », le complexe capitaliste et industriel dans laquelle nos sociétés sont engluées, ainsi qu’à la difficulté à imaginer une alternative à ce système. Fabian Scheidler et Aurélien Berlan donnent à travers leurs ouvrages des pistes pour déboulonner cette « mégamachine ».
Un extrait du livre d'Aurélien Berlan: Autonomie : l’imaginaire révolutionnaire de la subsistance.
Une présentation du livre de Fabian Scheidler: La Fin de la Mégamachine.
Lien alternatif: Déboulonner la Mégamachine.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°71 - 59 mn) Renaud Garcia, professeur de philosophie dans un lycée à Marseille, fait un exposé dans le cadre des rencontres du groupe Ecran Total qui entend résister à la gestion et à l’informatisation de nos vies.
L’anticapitalisme ou la critique du capitalisme, sous les formes de la dénonciation du profit, des marchés, de la finance et des banques, aussi légitime soit-elle, peut ne jamais toucher au cœur de la dépossession universelle qui s’étend depuis plus de deux siècles, à savoir le mode de vie fondé sur le salariat et l’industrie qui permet la production en masse des marchandises.
Il est donc nécessaire d’élargir la critique sociale, en lui adjoignant une critique culturelle des grandes organisations, du machinisme et de la représentation scientifique du monde.
Lien alternatif : Anti-industrialisme ou anti-capitalisme ?.
Texte de l'intervention et autres documents sur Sniadecki.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°70 - 58 mn) Nicolas Decôme nous présente l'Atelier Paysan, cette coopérative d'autoconstruction de matériel agricole. La coopérative vient de publier deux ouvrages collectifs, l'essai politique Reprendre la terre aux machines, Manifeste pour une autonomie paysanne (Seuil, mai 2021) et un premier rapport d' Observations sur les technologies agricoles publié en auto-édition.
Nicolas Decôme expose les analyses et les proposition de l'Atelier Paysan. Il revient sur l'histoire de notre complexe agro-industriel et ses conséquences sur le monde paysan. Il estime qu'une refonte générale du système de production agricole est nécessaire, ainsi qu'un autre rapport à l'alimentation.
Cet enregistrement est issu d'un exposé faite dans un lycée, et donc il a un caractère très pédagogique!
Lien Alternatif : RMU 070 - Pourquoi l'Atelier Paysan.
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(RMU n°69 - 63 mn) Robots désherbeurs, drones pour connaître l’état des cultures à distance, tracteurs guidés par satellite, rations et médicaments distribués automatiquement, l’ « agriculture connectée » serait une évolution inéluctable et la solution pour relever les défis auquel fait face le monde agricole aujourd’hui. Quels sont les enjeux de cette nouvelle offensive technologique ? Quelles conséquences peut-on en attendre sur la vie et le travail des agriculteurs, sur leur situation économique et foncière, et sur l’ensemble du modèle alimentaire ?
Intervenants : Elie Parachini est paysan-boulanger. Matthieu Amiech est éditeur et auteur de livres sur le divorce entre progrès technique et progrès humain. Ils habitent tous les deux dans le Tarn, où leurs interventions ont été enregistrées en novembre 2019. Une conférence débat proposée par l’Atelier paysan, dans le cadre d’une tournée dans tout le pays La technologie va-t-elle sauver l’agriculture ?
Suivi d’une brève présentation de l’ouvrage de L’Atelier Paysan, Reprendre la terre aux machines, manifeste pour une autonomie paysanne et alimentaire, éd. Seuil, coll. Anthropocène, paru en mai 2021 (288 pages, 20 €) par Emmanuel Aze et Hugo Persillet.
Lien Alternatif : RMU 069 - Des robots pour sauver les agriculteurs ?.
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Racine de moins un - Écologie
(RMU n°68 - 81 mn) Contre le totalitarisme numérique : une critique du numérique et de la société qu’il fait advenir d’un point de vue écologiste et libertaire. Un critique du capitalisme et de son accélération, du colonialisme et de l’extraction des métaux comme des données. L’industrie électronique analysée comme un programme extra-terrestre qui sacrifie la planète, la vie sociale et la liberté.
Cet émission est la captation d’une conférence enregistrée le 9 juin 2021 à La Parole Errante à Montreuil, mise en forme par l'équipe du Blog Floraison. Il s’agit d’un séminaire de la revue d’écologie politique Terrestres, revue des livres, des idées et des écologies.
Les interventions que vous allez entendre avaient pour thème : «Technocritique et pensée écologique» avec trois intervenants, dans l’ordre : François Jarrige, Matthieu Amiech et Célia Izoard.
Lien alternatif : RMU 068 - Contre le totalitarisme numérique.
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(RMU n°67 - 59 mn) Pour Julien Mattern, Maître de conférence en sociologie à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour, « l'idée que jusque dans les années 1980, la société occidentale était dans une forme d'extase progressiste est une idée reconstruite ». En effet, dès le XIXe siècle, les sociologues classiques constatent les effets néfastes du progrès tout en se résignant à l'embrasser.
Julien Mattern illustre ce rapport paradoxal de la sociologie au progrès, par la pensée d’Émile Durkheim : alors que ce sociologue français de la seconde moitié du XIXe siècle observe l'explosion du taux de suicides à son époque, il établit que le progrès est une loi de la nature qui s'impose aux hommes. Si le présent semble si chaotique, c'est parce que le monde est en transition. Georges Friedmann, sociologue du XXe siècle, déplore la perte de contact avec la Nature, même s'il juge lui aussi qu'elle est inéducable.
Pour Julien Mattern: « l'adhésion des classiques au mythe du progrès relève d'un pari : celui que l'on peut sortir par le haut en opérant la transition la plus harmonieuse possible humanisant le progrès. »
Le texte de cette conférence, revu et augmenté, est disponible dans la revue L'Inventaire n°9, automne 2019, avec pour titre "La transition perpétuelle ou le pari perdu de la sociologie dominante".
Lien Alternatif : RMU 067 - Le mythe du progrès en sociologie.
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